L’agence d’architecture, d’urbanisme et de paysagisme Forma6 a été mandatée pour un projet de construction d’un collège à Fontenay-le-Comte, en Vendée. En phase conception, l’utilisation des IFC dans ses échanges avec les BET a été d’une grande pertinence, malgré quelques problèmes de compatibilité qui subsistent. Rencontre avec Alexandre Grignon, architecte et BIM manager, et Christian Collard, chef de projet.

Blog du BIM : Quelles sont les caractéristiques de ce projet ?
Christian Collard : Sa principale caractéristique, et contrainte, est qu’il s’agit d’un site occupé. Nous construisons un collège de 6 000 m2 sur le site du collège existant, qui comprend également des logements de fonction et un internat. L’ensemble reste fonctionnel pendant toute la durée de la construction, qui démarrera début 2018 pour se terminer vers le mois de février 2020. A cette date, les personnels et les élèves déménageront dans le nouveau collège et nous pourrons commencer l’aménagement extérieur, ainsi que la démolition de l’ancien, jusqu’à l’automne 2020.

Blog du BIM : Pour quelles raisons avez-vous proposé le BIM à votre client ?
Alexandre Grignon : Tout simplement parce que le BIM fait partie de nos habitudes de travail depuis quelques années déjà : tous nos projets de conception et nos études passent par une modélisation 3D. Notre agence utilise Archicad depuis longtemps. Alors quand nous avons eu la volonté de passer au BIM il y a quatre ans, la transition a été rapide et la formation simple.
C. C. : Cela nous permet également d’établir une pré-synthèse pour la phase chantier et d’anticiper au maximum les interfaces entre les différents lots. Cela aide nos partenaires à mettre le doigt sur les dysfonctionnements et à trouver plus rapidement des solutions. Sur ce projet, les bureaux d’études avec qui nous travaillons ont souhaité mettre davantage en avant les échanges en BIM. Certains travaillaient déjà de cette façon mais nous n’avions pas vraiment eu l’occasion d’échanger ensemble jusqu’à présent. Pour d’autres, la maquette numérique faisait l’objet d’une nouvelle acquisition de matériel et ils ont ainsi eu l’opportunité de travailler davantage en 3D. L’économiste a également utilisé les maquettes : nous les lui avons transmises quand il est entré en phase de quantitatif et il a pu obtenir des métrés beaucoup plus rapidement et beaucoup plus précisément que s’il avait dû travailler sur des plans 2D. Quant au client, nous n’hésitons pas à lui montrer une maquette dynamique du projet afin qu’il visualise les finitions et les volumes intérieurs. C’est une mise en situation efficace et très convaincante !

Blog du BIM : Avec quels outils les BET travaillent-ils sur ce projet et comment les échanges se sont-ils mis en place ?
C. C. : Serba, le BET structure, travaille avec Revit ; le BET fluides ACE avec Plancal Nova ; le BET VRD Pragma avec Geomensura. Nous commençons par envoyer une maquette IFC via Archicad qu’ils intègrent comme fond de plan. Nous exportons dans le même temps des fichiers .dwg. Ils implémentent leurs éléments et ensuite, ils nous renvoient un IFC uniquement avec ces derniers, que nous importons dans notre maquette Archicad. A partir de là, nous pouvons superposer toutes les maquettes.

Blog du BIM : Rencontrez-vous des difficultés lors de ces échanges ?
A. G. : La difficulté est toujours la traduction de la maquette IFC. Dans le logiciel A, à l’export, il y a déjà une première interprétation. Ensuite, à l’import dans le logiciel B, des interprétations différentes sont également possibles. Mais la principale problématique que nous rencontrons reste la géolocalisation des maquettes. Même si nous transmettons la maquette architecte qui sert de référence et sur laquelle les BET peuvent se baser, il y a souvent des décalages (en rotation ou translation) lorsque l’on réimporte leurs éléments. Chaque logiciel BIM a sa propre manière de gérer sa géolocalisation. Les points de référence, de projet et géographiques sont bien définis en amont mais avec la version des IFC que nous utilisons, les informations sont la plupart du temps mal transmises. Nous pouvons alors nous aider des fonds de plan des .dwg où les points de référence sont plus facilement identifiables. Nous parvenons à les replacer et à réorienter les maquettes pour les superposer correctement mais cela se fait manuellement, et génère de fait un potentiel d’erreur.

Blog du BIM : Allez-vous continuer sur votre lancée BIM ?
C. C. : Oui, bien sûr. Notre objectif est de développer encore davantage les passerelles avec les BET et de produire des maquettes de synthèse complètes, avec les pièces graphiques qui en découlent. Nous n’en sommes pas loin mais il subsiste des problèmes liés aux traductions des modèles. Il reste des efforts de compatibilité à faire…

Cet article est une création originale de Mediaconstruct

 

Membre de bSI depuis 1996, buildingSMART France – Mediaconstruct, association loi 1901, accompagne la transformation digitale de la Construction par le développement de l’openBIM et de bonnes pratiques de travail en BIM. Son objectif : la continuité numérique entre Construction, Exploitation et Territoires.

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