Adopter le BIM est un cheminement qui implique davantage que l’achat d’un logiciel. Quelles sont les étapes à suivre concrètement ? Une entreprise témoigne. Pas à pas, Naguibe Tarouen, PDG du Groupe homonyme (Var), relate chacune de ses démarches jusqu’à l’appropriation du BIM par ses équipes.

Blog du BIM : Pourquoi avez-vous décidé d’adopter le BIM ?
Naguibe Tarouen : Il y a un peu moins de deux ans, je lisais des articles sur le sujet dans mon bureau et j’ai pris conscience que le BIM serait notre avenir. En tant que chef d’entreprise, l’objectif est d’être innovant pour rester compétitif. Le BIM m’est apparu comme un moyen d’optimiser la précision de notre travail tant lors de la phase d’établissement des prix que de celle de l’exécution du chantier. Les avantages exposés par les professionnels l’ayant adopté m’ont convaincu d’entamer les démarches.

Blog du BIM : Quelles furent les premières étapes pour intégrer le BIM au sein de votre entreprise ?
N.T. : Une fois la décision prise, tout s’est mis en place très rapidement. La première étape a été d’en parler avec les membres de mon personnel, de leur expliquer en quoi consiste le BIM et comment nous pourrions en faire un outil quotidien. Puis je me suis renseigné sur les coûts des formations existantes mais aussi sur les investissements informatiques à réaliser, tel l’achat du logiciel (la suite Revit dans notre cas). Sans oublier que notre parc informatique n’étant pas à niveau pour intégrer le BIM, nous devions le mettre à jour. Avec tous ces éléments en main, j’ai fait mes comptes d’apothicaire. Entre la mise à jour informatique, le logiciel et la formation, l’adoption du BIM représentait pour nous un investissement de base proche de 80 000€. Aussi me suis-je posé deux questions. En quoi le BIM nous servira-t-il ? Et ralentira-t-il ou améliorera-t-il notre performance ? Après quelques études prospectives, nous nous sommes vite aperçu qu’il l’augmenterait. Dès lors, plus d’hésitation, nous avons investi avec la conviction que ce serait rentabilisé sur le long terme.

Blog du BIM : Comment s’est déroulée la phase de formation et de prise en main du BIM ?
N.T. : Le premier enjeu était que chacun comprenne bien ce qu’est le BIM qui restait encore un concept un peu flou. Pendant trois mois, les équipes ont donc suivi plusieurs cessions de formation Revit d’Autodesk de 5 jours. Puis les trois mois suivant, elles ont travaillé sur un projet interne à l’entreprise : la future construction de notre nouveau siège social. Cela leur a permis de prendre en main le concept du BIM dans sa globalité, car ce n’est pas qu’un logiciel, c’est un processus de travail collaboratif, une philosophie que chacun doit assimiler et s’approprier. Nous étions alors en contact avec la hotline des centres de formation qui répondait à nos éventuelles questions et nous conseillait. Ainsi, après six mois, nous avons pu vraiment travailler en BIM sur les projets de l’entreprise.
A noter que le BIM évoluant régulièrement, nous avons prévu des cessions de mise à jour de 1 à 2 jours de formations tous les 4 à 6 mois, selon les niveaux des personnes.

Blog du BIM : Avez-vous également adopté les IFC ?
N.T. :Tout à fait ! Dans le même process, nous avons adopté les IFC3. Selon moi, il est essentiel d’avancer avec son temps, ce qui passe par l’utilisation des nouvelles technologies en place. Tout le monde doit s’y mettre. Personne ne peut rester statique sans prendre le risque de passer à côté d’opportunités demain. Aussi, je reste à l’affût des innovations. Dans la newsletter du BIM de février, j’ai découvert un article sur les IFC4 et l’ai aussitôt transmis à mon responsable BIM. L’objectif est que nous soyons toujours au plus près de la réalité d’aujourd’hui.

Blog du BIM : Plus d’un an après votre adoption du BIM, quels sont vos constats ?
N.T. :Aujourd’hui, nous réalisons des projets en BIM depuis un an. Monter nos dossiers de consultation d’entreprise en BIM permet une compréhension plus détaillée du projet donc une meilleure maîtrise des synthèses techniques. Les avantages sont multiples : nos prix y gagnent en précision, notre gestion des équipes internes comme externes également et nous maîtrisons mieux nos délais d’exécution.
Le premier projet que nous avons réalisé en BIM était la conception réalisation de l’extension d’une clinique, un projet où nous sommes intervenus de la phase amont à celle de la réalisation. Pour celui-ci, nous avons ainsi pu annoncer à notre client des délais de réalisation plus courts que ceux initialement prévu : 7 mois au lieu de 9. En prime, le BIM permettant d’optimiser les achats de matériaux, nous pouvons diminuer nos déchets de chantier.

Finalement, le BIM nous permet d’accroître notre performance, de gagner du temps et de conforter notre image de sérieux. Chez Tarouen, toutes les équipes ont pris à cœur cette nouvelle orientation BIM et le résultat est là.

Évidemment, il y a toujours des possibilités de s’améliorer. Il faudrait que davantage de professionnels puissent accéder à cette technologie et s’y mettent, mais aussi que l’on optimise la communication entre les différents acteurs du BIM. Dans cette optique, nous en parlons autour de nous. C’est un peu notre rôle aussi !

Deux autres témoignages sur le thème “Adopter le BIM en pratique” :

Membre de bSI depuis 1996, buildingSMART France – Mediaconstruct, association loi 1901, accompagne la transformation digitale de la Construction par le développement de l’openBIM et de bonnes pratiques de travail en BIM. Son objectif : la continuité numérique entre Construction, Exploitation et Territoires.

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